Scialet des Fleurs blanches

le 22/03/2014 | Font d'Urle (26 - Drôme) | France

La sortie est décidée la veille au soir. Manu nous (les deux François, John et moi) donne rendez-vous entre 8 h 15 et 8 h 30 à Saint Jean en Royans… ce qui nous fait lever tôt ! Le but de la sortie, c’est d’une part d’accompagner psychologiquement les plongeurs au siphon Bambou, et d’aller gratter à droit à gauche. Après discussions au bar sur les objectifs possibles, nous nous orientons sur la fouille de la trémie terminant le collecteur des Spéléonautes.

J’avais une idée où se trouvait le scialet des Chuats, mais j’ai ai été bien surpris par la toute petite marche d’approche d’à peine 5 min pour accéder au scialet des Fleurs Blanches, c’est royal !

Nous entrons sous terre à 10 h, et descendons vers le collecteur fossile. Le dernier puits dans le méandre d’accès nous pose problème : la corde en fixe est méchamment tonchée, il nous faut la changer, alors que ce n’était pas prévu. Heureusement que nous avions quelques cordes de rab !

Au siphon du bois vert, François L., Jonathan et moi sortons le pic-nic pendant que nos deux plongeurs se préparent. Ils ont pour objectifs de revoir des départs dans l’inter-siphon pour tenter de shunter le siphon et de fouiller. La mise à l’eau est épique, il leur faut creuser le passage dans le siphon car il a été refermé par les crues. Ils sortiront après nous après avoir bien fouillé, mais uniquement des bouclages ont été trouvés.

Au moment où les plongeurs se mettent à l’eau, Pyb nous retrouve avec ses deux acolytes. Ils nous accompagnent dans le (paléo)collecteur des Spéléonautes. C’est magnifique, il y a du gros volume, et surtout, les formes d’érosion et les remplissages sédimentaires sont de toute beauté. Nous prenons plaisir à progresser dans cette galerie jusqu’à la trémie la terminant. 

Nous fouillons la trémie et traçons le courant d’air avec un peu d’encens. Rapidement, nous mettons en évidence deux courants d’air bien distincts : un premier assez diffus qui souffle (nous sommes en régime hivernal, dehors, il fait 0-2°C) à la base de la trémie en rive gauche, et un second fort qui aspire, au sommet de la trémie. Cela veut dire que cette trémie est au niveau d’un carrefour, avec une galerie (la suite des Spéléonautes ?) qui vient d’un aval, et une galerie/puits qui part vers une entrée haute.

Le départ aspirant du sommet de la trémie nous parait difficilement désobable : à ce niveau, le plafond remonte à la verticale, et de nombreux blocs sont posés contre ce plafond. Il est possible de voir sur 2-3 m, la suite étant cachée par des blocs. La seule chose qui peut être tentée, c’est de tirer blocs et/ou paroi, de tout faire tomber, et d’aviser après, mais je n’ai franchement pas trop envie d’être le premier à aller voir le résultat du tir… Un peu avant la trémie, il y a une cheminée remontante qui pourrait probablement être tentée en libre par un bon grimpeur. Il me semble qu’une partie de ma buée y était aspirée, mais je n’en mettrai pas ma main au feu, nous ne l’avons pas testé avec de l’encens, et il se pourrait que ce soit lié à ma propre chaleur qui fait monter la buée. Il faut de toutes façons aller voir.

En rive gauche, nous nous enfilons contre la paroi. Nous sommes très rapidement arrêtés par de gros blocs. Je rage de ne pas avoir ma chère massette avec moi, d’autant plus qu’il me semble apercevoir de l’espace derrière les blocs. Jonathan et moi enlevons ce que nous pouvons pendant que François perce un bloc gênant. Une paille plus tard, le bloc à disparu, et nous continuons à enlever les blocs qui gênent. Ca ressemble à un mikado géant, sauf que l’enjeu, ici, c’est un doigt, une main, un bras, une jambe, voir une tête… Il faut être prudent et parfois rapide…

Mais ça marche, les cailloux tombent régulièrement, rien n’est écrasé, et le passage problématique est rapidement désobstrué et sécurisé. Derrière, il y a effectivement du volume, toujours contre paroi. François et moi avançons de 5 m contre la paroi, à quatre pattes, c’est sain, nous sommes bien protégés et les blocs au dessus de nous sont bien bloqués. Au bout de ces 5 m, nous sommes obligés de monter un peu dans la trémie. Il y a une petite étroiture. Je tâte les cailloux, cale ce qui me semble pas très sain, élargis un peu le passage, et passe. Je fais encore 4-5 m jusqu’à une belle marmite de plafond dans une faille perpendiculaire à la galerie. Malheureusement, à cet endroit, je me retrouve un peu démuni, je ne sais pas trop où aller. Devant moi, à ma hauteur, j’enlève quelques cailloux, mais je vois sur un bon mètre cinquante, et ça ne passe pas sans désobstruer méchamment. Mais je ne vois pas comment faire cette désob, j’ai peur que si nous l’attaquons, nous déstabiliserions la trémie qui est toujours au dessus.

Je retourne dans la petite faille. Le courant d’air vient aussi de par la, et il semble y avoir un peu d’espace dessous. Je commence à  gratter, et Jonathan me rejoint. Il m’aide à sortir les blocs, qui parfois sont bien gros. J’ai la nette sensation qu’au fur et à mesure que j’enlève des blocs, le courant d’air forcit. C’est bon signe. Mais au bout d’un moment, je suis descendu d’un mètre cinquante, il devient de plus en plus difficile d’enlever les blocs à mes pieds par manque d’espace, et en plus, je commence à douter de la faisabilité de la désob. Nous décidons d’arrêter et de revenir. Juste avant de partir, je m’enfile la tête en avant à la verticale dans ce que j’ai désobé, et la, je vois la suite : il y a quelques blocs à claquer en faisant attention à ne pas déstabiliser la trémie, ainsi que probablement une partie de la paroi, mais un peu plus loin, ça a l’air plus sain et presque passable… Il faudra revenir avec quelques moyens percutants (multi-trous), et agrandir le passage en douceur !

Nous revenons vers le siphon du bois vert, puis explorons un départ afin de tenter de shunter ce siphon, mais c’est raté, c’est un tout petit méandre remontant actif surmonté d’une petite conduite forcée bien grasse, que nous arrivons à suivre sur un peu plus de 10 m. Nous nous arrêtons sur étroiture à élargir à la massette. Le courant d’air n’est pas flagrant, mais lors de la topo, une personne fumait dans la galerie principale, et l’odeur de clope était bien présente dans le méandre. Il serait donc très légèrement aspirant.

Nous mangeons un bout, et ressortons dare dare en nous faisant un peu mouiller par les embruns… Nous sortons à 21 h 45, dehors, il est tombé 20 cm de poudreuse, et nous prenons un malin plaisir à maculer le blanc manteau pour revenir à la voiture !

11 h 45

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

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