CR Samoëns : Bivouac et escalades au CP16

du 29/08 au 31/08/2014 | Samoëns (74 - Haute-Savoie) | France

Jeudi 28 août

Nous montons tous au refuge dans la soirée, et arrivons vers 23 h. Ce weekend, nous avons pour objectif de donner un grand coup dans les amonts du CP16, nous descendrons bien chargés, avec 2 perfos, 3 batteries, une paire d’étriers en plus, une barre Raumer, notre bivouac, et de la bouffe.

Vendredi 29 août

Nous nous levons tôt, faisons rapidement nos kits, et montons à l’entrée de la Combe aux Puaires. Nous arrivons au bord du trou à midi, le soleil nous a accompagné pendant toute la montée, mais les nuages commencent à prendre le dessus. Nous avons juste le temps de manger un bout et de s’habiller que quelques gouttes tombent, et nous forcent à entrer rapidement sous terre.

Sur le trajet, nous trouvons 2 cordes bien tonchées, qu’il faut changer très rapidement. A 15 h, nous sommes dans le réseau de l’Espoir, et nous divisons. Les Cataphiles montent au dessus des Bousiers continuer une escalade qu’ils avaient commencée. Steph et moi nous sacrifions pour topographier une troisième fois (la première, les données sont fausses et inexploitables, la seconde a été perdue…) le « shunt des bouseux » qui relie le réseau de l’Espoir à l’arrivée des Massues dans la Rivière. Gaé : « Les cordes sont propres, et c’est équipé nickel ». Fred JR : « Mouais, c’est équipé au minimum » ! Je suis surpris par le volume du méandre, il n’y a que 10 m qui sont un peu chiattiques, le reste, c’est juste que c’est équipé à l’arrache… Nous revenons en déséquipant ce shunt.

Sur le chemin vers le bivouac, nous lavons le matos qui en avait bien besoin. Nous posons nos gros kits au bivouac où Cécé nous attend dans son duvet, puis redescendons à la rivière nettoyer nos matériel personnel. Heureusement, nous avons descendu des brosses ! Steph en profite aussi pour sortir tous le matos de l’ancien bivouac des Bouseux. Gaé et Fred nous rejoignent à la rivière vers 20 h. Je rentre au bivouac, et les trois autres me suivent cinq minutes plus tard. Gaé dit que pour traverser la rivière, il a fallut qu’il fasse attention car il lui semblait qu’il y avait plus de courant. Et le temps que nous installions le bivouac, la galerie s’est mise à gronder. En temps normal, du bivouac, nous n’entendons pas la rivière, et le bivouac est à 150 m de la rivière, dans un gros fossile. Nous n’avons pas eu le courage de remettre les bottes pour aller voir la rivière en crue, mais elle devait être assez impressionnante. Jean nous confirmera qu’il a fait une très grosse pluie dans la soirée. Sur le retour au bivouac, ma botte gauche, pourtant âgée d’à peine un an, éclate littéralement.

Pour ce qui est de l’escalade des Cataphiles au dessus des Bousiers, ils ont fait demi-tour au bout de 7 m d’actif à cause de la batterie qui s’est mise à bipper. Il leur reste encore une vingtaine de mètre à monter pour prendre pied dans un grand méandre. Ils sont ultra motivés car il y a du volume, ça a de la gueule, et la farine faite par le perfo en posant les points est aspirée vers le haut… dans un puits de 7 m de diamètre !

Nous nous couchons vers 23 h après une bonne soirée égayée par la tonne de bouffe présente au bivouac (vive les inventaires bouffe !) et par le grondement de la rivière qui ne s’arrêtera que tard dans la nuit !

Samedi 30 août

Vers 8 h, les bougies s’allument et le réchaud se met à ronfler. La nuit a été bonne. Le temps que nous émergions, déjeunons et préparons le matériel, ce n’est qu’à 11 h que nous quittons le bivouac. J’ai tenté tant bien que mal de réparer ma botte avec deux caouetchs.

Les Cataphiles retournent à leur escalade de la veille avec une nouvelle batterie. Pas de bol, le soir, ils nous apprendront qu’ils n’ont pu faire encore qu’une dizaine de trous, et qu’ils ont avancé de 7 m supplémentaires.

Steph et moi partons vers le fond, à la cascade des Palmiers, terminus amont de la rivière principale, que Steph, Dav et moi avions commencé à escalader sur une bonne vingtaine de mètres en été 2011. Sur le chemin, nous découvrons l’équipement mis en place par l’équipe précédente. C’est super, ça permet de progresser avec l’esprit plus tranquille, sans avoir la trouille de glisser.

A la cascade, nous montons sur le palier à 7 m du sol, et Steph monte au terminus pour attaquer la suite de l’artif. C’est toujours aussi impressionnant, la cascade tombe dans un puits de 6-7 m de diamètre, sans toucher une paroi, et s’écrase dans une belle vasque d’eau. Le vent dans le puits est fort, il y a des embruns de partout, ça gronde, il n’y a pas moyen de s’entendre, ça vaut assurément le Lavoir. J’assure Steph, je suis plus à l’abri qu’en bas du puits, mais j’ai le choix entre recevoir les pavés que Steph décroche, ou me coller à la paroi ruisselante… Un joli bloc ramassé sur le pied m’a vite fait choisir la seconde solution.

Steph escalade à la barre Raumer, il est en forme, très efficace, et sort l’escalade sans mettre beaucoup de points, juste ce qu’il faut. Je le rejoins en déséquipant tout, mais n’étant pas en grande forme, je tente, mais n’ose pas trop me balancer pour aller chercher les points que Dav avait mis il y a trois ans, et je devrais laisser deux plaquettes et un mousqueton. Au sommet de l’escalade, je rejoins Steph qui termine d’équiper la main courante, il semble tout aussi frigorifié que moi. Il me donne le perfo, et récupère le kit avec le réchaud qu’il met tout de suite en branle. De mon côté, je vais équiper le puits à l’abri de l’eau.

J’en profite ensuite pour me réchauffer aussi avec un peu de thé et de soupes. Il est 15 h passé, et mon estomac crie famine depuis un bon moment, et tout ce qui est mangeable est avalé en un temps record…

Une fois restaurés et un peu réchauffé (enfin, c’est vite dit), nous partons explorer la suite. L’accès à la rivière est facile, elle coule dans une galerie de 2 m de diamètre, mais elle est large, il faut faire de grandes oppositions. Avec ma botte coupée, c’est sport. Nous avançons d’une vingtaine de mètres, et la, c’est le drame : la galerie s’amenuise, elle passe à 1,30 m de diamètre, et la profondeur de l’eau passe à 1 m. Je vous laisse calculer la revanche qu’il nous reste. On a l’impression que le passage mesure au moins 2 m de long, après, ça s’agrandit peut être un peu. Le courant d’air engendre des vagues sur le plans d’eau. Peut être que nous sommes cramés d’aller la bas, mais nous n’avons pas eu le courage nous mouiller pour continuer l’exploration, il va falloir bien réfléchir à comment faire.

Nous faisons demi-tour en levant la topographie, puis commençons à rentrer. Arrivés au croisement où nous quittons la rivière pour monter dans les plafonds, nous continuons la rivière vers l’aval en faisant la topo. Christophe (Ohl) et moi même avions exploré cette partie en 2008, sans en faire la topographie (grosse erreur !). Cela nous permet de repérer un accès plus facile à la rivière amont, directement à partir de la main courante posée par l’équipe d’il y a deux semaines. En conséquence, nous avons modifié l’équipement, et c’est à ce moment que les cataphiles nous ont rejoints.

Tous les cinq, en revenant vers le bivouac, nous allons revoir l’escalade de l’affluent en rive droite, escalade sur rocher pourri (et encore, le dire ne suffit pas) entammée par Gaé il y a quelques années. Gaé et Cécé montent à leur terminus, fouillent, tentent de continuer, mais non, ils n’osent pas continuer à cause de la piètre qualité de la roche. Steph va voir, et tente le coup. Il équipe une jolie vire plein gaz, et pose une tête de puits à proximité de la margelle de l’affluent, et redescend, faute de corde pour continuer. La prochaine fois, il suffira de faire un pas, et à nous la première ! Cette partie est étonnante, c’est un affluent, mais on a l’impression que tout le volume de la rivière aval vient de la, la taille de la galerie est importante. Suite au prochain épisode.

Nous revenons au bivouac un peu après 21 h sans avoir pu faire la première tant espérée, et nous couchons à 23 h. La montagne de bouffe a diminuée mais il en reste encore…

Dimanche 31 août

Encore une fois, nous nous levons à 8 h, après une bonne nuit réparatrice. Nous faisons l’inventaire de la bouffe, du matos, plions le bivouac, tentons de le rebidouiller un peu pour l’améliorer, et à 11 h, nous levons le camp vers la surface. Steph et Gaé reste en arrière pour changer quelques cordes, et rééquiper un peu plus proprement les puits que l’on traverse.

Nous sortons étalés entre 15 h et 16 h. Sortant le premier, je sors toutes les affaire que nous avions mises à l’abri au dessus du CP16. Mais pas de bol, au premier sac que je commence à tirer, un sac poubelle tombe, et une chaussure se fait la malle… et tombe au fond du puits à neige du CP16. Elle y restera jusqu’à la prochaine fois. Dehors, il ne pleut pas, mais il y a un brouillard humide accompagné d’un petit vent qui nous les gèle. Nous ne traînons pas trop, et descendons boire une bière chez Jean, avant de ranger le refuge et rejoindre nos voitures. Nous quittons le parking un peu avant 21 h, bien fourbus, et rêvant d’un bon lit chaud !

Nous avons passé trois jours sous terre, nous avons fait pas mal de topo, tenté de lever des points d’interrogations, pas beaucoup de première. C’est dommage, nous n’avons pas pu rendre hommage à Filou, mais nous ne nous sommes pas arrêtés sur une queute, ça continue, et a priori, la prochaine fois, ça devrait être possible, avec probablement une belle explo à faire à portée de main maintenant dans les amonts… Avis aux amateurs !

TPST : 50 à 51 h

Participants à l'activité

Frédéric AFrédéric A.
Stéphane LStéphane L.
Gaëtan PGaëtan P.
Xavier RXavier R.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *