Dans les amonts du Jean-Bernard

du 08/05 au 10/05/2015 | Samoëns (74 - Haute-Savoie) | France

Vendredi 08 mai

La météo annonce de grosses pluie vendredi soir, mais un weekend radieux. Nous décidons de braver les éléments, et de monter vendredi en fin d’après midi. Le sentier n’est même pas mouillé, et nous ne sentirons que quelques rares gouttes au cours de la montée. Nous montons le Jarjattator, une seconde batterie 36 V, l’adaptateur pour le Hilti, une batterie 12 V, ainsi que 100 m de corde neuve de 10 mm. Arrivés au refuge vers 20 h après 1 h 30 de montée, nous passons la soirée à regarder les grains passer au loin.

Samedi 09 mai

Il fait grand beau, et à 10 h, lorsque le soleil arrive sur le pas de la porte du refuge, nous commençons à monter vers le V6. Le chemin est presque entièrement déneigé, il ne reste plus que quelques langues par ci par la.

Nous entrons dans le V6 à midi. Celui-ci est à peine ouvert, et il nous faut jouer des pieds et des coudes pour passer l’entrée. Je change la corde d’entrée avec un bout de corde neuve. Nous sommes un peu chargés : Hitachi, batterie, goujons, et la corde de 100 m que nous avons montée. Notre objectif est d’équiper le shunt dans les Branlots que nous avions exploré il y a 2 ans (Dav, Cédric, John et moi) pour éviter le passage boueux et merdique qui suit le Passibas. Le second objectif est de rééquiper le P4 entre les Branlots et la Frénésie, puis de fouiller les terminus des conduites forcées au dessus des Aiguilles.

Sur le chemin, nous rééquipons l’accès au Passibas (Doublement de la tête du puits, modification de la tête du toboggan et rajout d’une main courante) avec la corde en place et un vieux bout de nouille entreposé au pied de l’arrivée du réseau des Bourguignons. Ce n’est pas encore idéal, mais c’est vachement plus satisfaisant que ce qui existait auparavant.

Arrivés dans le réseau des Branlots, nous nous dirigeons vers l’amont. Au carrefour qui suit celui vers les Montagnes Russes, nous posons les kits et allons voir la galerie de droite (sud). Sur la topo, elle est marquée comme queutant sur un mur. Je suis étonné par la taille, ce n’est pas grand, mais c’est tout à fait raisonnable (3 m de haut pour 1 à 2 m de large), et de plus, il y a du courant d’air soufflant (estival). Et au fond, surprise, le terminus n’est pas un mur ! En fait, il y a trois terminus :

  • le bout de la galerie d’arrête sur un passage bas qui précède une trémie remontante  blocs de 2 cm à 20 cm d’arrêtes. Un peu d’eau coule, et un courant soufflant est très net. Nous passons un peu de temps à sortir des cailloux, mais sans outils, ce n’est pas évident de les déchasser.
  • Juste en aval de cette trémie (3 m), une escalade de 2 m donne sur un boyau horizontal de 60 cm de diamètre qui ramène vers la trémie. A cet endroit, la trémie est constituée de sable grossier (éléments de 2 cm d’arrête max) qui a coulé du haut. La aussi, le courant d’air soufflant est bien présent. Ce n’est pas évident de creuser, mais au vu de la granulométrie, le passage ne semble pas long à creuser.
  • 2 m encore en aval, un courant d’air fort arrive d’une cheminée remontante de 0.6 m de diamètre. Je l’ai escaladée sur 3 m. Ensuite, il faut se plier à 90° en jouant au tire bouchon pour un vieux pinard des années 70, et s’enfiler dans un boyau horizontal sur 2 m. La, il faut encore jouer au tire-bouchon pour remonter à la verticale. Je me suis arrêté ici, au dessus, le boyau vertical est passable, mais il y a une belle chicane verticale dans laquelle j’ai bien peur de ne pas passer les genoux.

Après cette visite et ce grattage, nous revenons à nos kits et prenons le chemin vers la Frénésie. Je refais l’équipement du P4 avec la corde neuve, et rajoute une main courante à l’aval pour passer au dessus d’un puits au sommet glaiseux. Heureusement que nous rééquipons cette partie, au retour, après pas mal de difficultés, je déséquiperai l’ancienne corde, le frac tenait sur un filet, et la tête de puits (mono point) sur un demi-filet…

Nous prenons vers les Excentriques et remontons dans la galerie des Aiguilles. A son départ, nous posons les kits avec tout le matos, et partons visiter la galerie remontant vers la Courte Echelle puis la galerie des Dalles. nous remonterons cette dernière, et comprenons aisément le nom de la galerie. Au sommet de la rampe, nous n’allons pas voir la suite logique qui remonte, mais prenons la conduite forcée vers l’ouest. Elle se termine sur un colmatage. Mais, celui-ci ne bouche pas complètement la galerie, il y a une revanche de 5-6 cm, il semble qu’un mètre plus loin c’est plus grand, et il y a un courant d’air aspirant notable. C’est étonnant qu’il n’ai pas été désobstruer. Nous n’avons pas d’outils, nous commençons à enlever l’argile avec les mains, puis avec le descendeur, et enfin, nous prenons le couteau qui est bien plus efficace. Comme nous ne voulons pas tout donner aux Suisses, nous appelons ce passage la désobstruction du Couteau Grenoblois. Sur la paroi, nous trouvons un papillon mort, signe d’une entrée peu éloignée. Nous abaissons la glaise (sèche) d’une trentaine de centimètre, et au bout de plus d’une heure de grattage, nous arrivons à forcer le passage. Et effectivement, ça continue… Je râle d’avoir laissé le matos topo en bas du réseau, tant pis, nous nous limiterons.

Nous montons dans le pendage dans une conduite forcée de 1 m de diamètre au sol de glaise sèche. Au bout de 10 m, nous arrivons dans un volume plus grand. Nous continuons à monter sur une vingtaine de mètres, mais la conduite forcée, maintenant surcreusée, devient impénétrable, et le courant d’air ne part pas dans ce terminus. Nous redescendons dans le volume, et prenons à l’hozontal vers l’ouest en laissant un point d’interrogation vers le bas, ainsi qu’un second remontant (conduite forcée de 1 m de diamètre). Nous retombons sur une branche descendante que nous n’explorons pas, et continuons encore tout droit, en tout sur une trentaine de mètres. Un passage resserré donne sur un carrefour : vers le bas, nous recoupons un méandre, il y a un puits bien propre à descendre, et un méandre en face à explorer (traversée facile, mais il faut une nouille). En hauteur, il faut escalader en oppo sur 3 m, et faire tomber quelques blocs pour sécuriser. Au dessus, il me semble qu’il y a un peu de volume, et en tout cas, le courant d’air par dans cette direction. Comme nous n’avons pas de matos topo, nous nous arrêtons la et revenons en arrière. Nous avons la dalle, et les yeux commencent à piquer. Nous prenons les sacs, remontons le réseau des Aiguilles, puis descendons le puits du Raccourci, et allons voir l’arrivée du Lavoir Sec. Il faut vraiment beaucoup d’imagination pour comprendre pourquoi l’adjectif « sec »… Nous nous enfilons dans le méandre aux Excentriques. C’est la première fois que je le parcours avec autant d’eau, c’est très impressionnant. Une prochaine fois, il faudra revoir l’équipement de la première cascade et surtout rajouter une main courante, c’est quand même bien exposé.

Nous revenons par les Branlots (Vu le grondement continue que nous entendons, il serait étonnant que le pseudo siphon passe…), nous finissons l’équipement du shunt, rajoutons une main courante pour sécuriser le passage le long du puits donnant sur le Colimaçon et rentrons sans trop trainer. Nous sommes dehors à minuit et demi.

Dimanche 10 mai

Nous faisons une grasse mat bien méritée, et prenons notre petit dèj en lézardant au soleil. Pemba, puis Bernadette et Jean nous surprennent dans cette grande activité qu’est de capter l’énergie solaire. Ils montent pour ouvrir le refuge. Nous nettoyons le matériel de la sortie de la veille, puis montons au dessus boire une bière, et accessoirement sortir les tables de la terrasse. En fin d’après midi, nous montons jusqu’au pas de l’Avoine pour avoir la vue sur la Combe aux Puaires (qui John ne connaissait pas). Sur la montée, nous trouvons un départ de puits de toute beauté dans le lapiaz, situé entre le BA6 et le BA3. Il est colmaté à -1.5 m par des cailloux, j’avais l’impression qu’il y avait de l’air, mais c’est difficile à dire. En tout cas, il n’y avait pas de courant d’air net, ni dans le BA6, ni dans les BA3 et BA5. Peut être que ça vaudra le coup de sortir quelques blocs pour voir s’il n’y a pas une suite en dessous.

Nous rentrons à la voiture un peu avant 21 h après un bon bain de soleil.

Commentaires :

  • La trémie soufflante dans le réseau des Branlots : Je ne dis pas qu’elle va passer, mais il y a ici un bon courant d’air. Je pense qu’il faut y retourner avec massette/burin pour déchausser les blocs, et un petit piochon. Deux personnes suffisent pour creuser, il y a de la place pour stocker sans problèmes. Je pense que c’est carrément intéressant car cela permettrait probablement de shunter complètement la partie boueuse et merdique de la galerie entre les Branlots et la Frénésie. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de travail pour passer.
  • Sommet de la Galerie des Dalles : après une désob « courte », nous y avons exploré 60 à 70 m sans difficultés. Nous sommes arrêtés sur rien, il y a un bon courant d’air aspirant. De plus, nous avons trouvé un papillon mort sur une paroi, ce qui me fait dire qu’il y a une sortie pas très loin. C’est intéressant à continuer, avec un matos topo, cette fois. C’est très rapide d’accès par le V11 en été.
  • La conclusion des points précédents est qu’il faut revoir tous les terminus des années 70 et 80 dans la zone…
  • IMPORTANT pour le refuge : il reste 2 plaquettes correctes, 3 as trop courts, une dizaine de maillons neufs et 3 vielles plaquettes avec des maillons innombrables. Il faut donc remonter au refuge des plaquettes ! Je ne pense pas qu’il y ait besoin de remonter des vis, il y en a plein en stock.
  • Il faut aussi remonter au refuge des éponges.
TPST : 12 h 30

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

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