Expédition sur Chachapoyas

du 15/11 au 24/11/2017 | Chachapoyas | Pérou

Mercredi 15 novembre

James et ses collègues sont déjà sur le terrain dans la région de Chachapoyas. Olivier y travaille aussi. Constance reste une journée de plus à Lima pour travailler à son Master.

De notre côté, nous (Jean Loup, Pierre, Camille, Gwen, Isa, Phil et moi) partons à deux voitures de Lima. Comme à notre habitude, nous dormons le soir à Pacasmayo.

Jeudi 16 novembre

La nuit a été agitée : des chats ont fait la java toute la nuit dans les couloirs…

Nous continuons le trajet de Pacasmayo jusqu’à Chachapoyas où nous espérons arriver en fin d’après midi. Mais dans la descente sur le Marañon, nous sommes arrêtés par un bouchon anarchique : un camion avec un gros tank de gaz (butane ou propane) s’est couché dans un virage, la cuve a cogné le rocher, et le gaz s’en échappe sous pression. Le rocher est blanc de glace. A côté du camion renversé, il y a la place pour le passage d’un véhicule, et quelques voitures osent passer, mais c’est loin d’être la plupart des gens…

Nous, nous attendons sagement, en plein soleil. Des chefs de sécurité viennent, les flics sont là aussi, mais personne ne semble savoir quelle décision prendre. Au bout de 2 h à 3 h, le débit de fuite n’a pas changé. Mais finalement, les voitures sont autorisées à passer, dans le sens de la descente, moteur éteint.

Nous arrivons à Chachapoyas le soir, où nous retrouvons Constance, arrivée en avion, et Olivier. Le soir, Isa se rend compte qu’elle a oublié son chargeur d’appareil photo avec sa batterie à l’hôtel de Pacasmayo…

Vendredi 17 novembre

Jean Loup reste sur Chachapoyas pour donner un cours d’hydrologie à l’université. , puis jauger le Rio Condechaca avec ses étudiants (2.8 m3/s). Il apprend que la rivière sort d’une résurgence à 40 min de là : il faudra aller y jeter un coup d’œil ! De notre côté, nous partons tous sur le Karst de Luya pour tourner des images dans la perte de Vaquin, et dans le tragadero del Pastor Pedro. Ces cavités renferment des restes archéologiques (sépultures) chachapoyas. Olivier, archéologue spécialiste de cette civilisation nous ouvre des portes pour la compréhension de ces sites.

Nous commençons par la visite de la grotte archéologique de Vaquin. C’est passionnant. Toute l’entrée de la grotte a été bâtie et utilisée comme sépulture. Nous nous arrêtons au premier lac où nous devons nous mouiller.

En sortant, nous retournons aux voitures, puis prenons les coordonnées données par Fabien de la résurgence du rio Zuta où il aurait exploré 300 m de galeries. Nous suivons les coordonnées, mais arrivons sur un tout petit système perte/résurgence impénétrable. Nous descendons le vallon jusqu’à une autre perte (Tragadero del rio Zuta), que nous explorons et topographions. C’est pour moi l’occasion de me former à la topographie avec le couple distoX2 / tablette avec Topodroid, et c’est franchement le pied, cela permet un gain de temps notable… Au total, nous levons 115 m de topo avec une progression facile, sauf à la fin où la galerie se transforme en laminoir aquatique. Pierre, courageux, est le seul à se mouiller et s’arrête sur un siphon ensablé.

Nous nous posons la question de remonter le petit rio, mais devant la fatigue de tout le monde, nous décidons d’aller voir la sépulture du tragadero del Pastor Pedro découvert en janvier dernier. De mon côté, je vais jeter un œil sur une petite perte aussi repérée en janvier, mais finalement, elle devient impénétrable au bout de 15 m.

Le soir, nous retournons sur Chachapoyas où nous fêtons les 60 ans de Jean Loup à la Tushpa avec toute la clique plus l’équipe de l’IRD qui travaillait à la laguna Pomacochas.

Samedi 18 novembre

Nous sommes tous libres pour aller voir la résurgence perchée repérée en février 2017, au sud du massif de Soloco. Nous prévoyons de faire deux équipes, l’une pour aller effectuer l’escalade de la résurgence perchée, et une autre pour tenter de trouver la résurgence principale du rio Olia, à 3 ou 4 h de marche, qui sortirait d’après les ouï-dire d’un tunnel.

Mais nous démarrons un peu tard : un des véhicules a un des pneus crevé, il faut prendre le temps de le réparer, et James qui nous accompagne avec trois de ces collègues ne peut se libérer tôt. La voiture de Jean Loup part tout de même avant tout le monde afin d’effectuer un jaugeage du rio Olia (1.7 m3/s).

Du fait des retards divers et variés, nous nous retrouvons tous à la fin de la piste le long du rio Olia vers midi. Nous ne trouvons personne pour accompagner une équipe à la résurgence que nous ne connaissons pas, du coup, cette équipe mange pendant que la seconde (Pierre, Isa, Phil, Constance et moi) se prépare et part vers la résurgence connue.

La marche d’approche est assez courte, mais magnifique, que ce soit dans les paysages anthropisés, ou même dans les paysages où la forêt regagne son droit. La résurgence se situe dans la falaise d’un canyon, c’est de toute beauté. Avant d’attaquer quoi que ce soit, nous mangeons, et sommes rejoints par les autres. Pour accéder au porche, il faut escalader en artif. Phil a apporter de nouveaux amarrages actuellement en test, des Pulses de 8 mm de diamètre. Pierre se colle à l’escalade, je l’assure et Phil filme. La pose des Pulses est bien rapide, et l’escalade vite effectuée malgré le rocher un peu pourri et la végétation qui ne tient pas.

Une fois Pierre en haut, Phil monte, et je suis avec Isa. En bout de la corde, la rivière coule dans un beau méandre avec un bon courant d’air. Pierre est déjà parti. Phil et Isa le rejoignent et je me retrouve seul pour faire la topo… Constance, me rejoint, et finalement, au lieu d’encadrer les néophytes qui sont avec nous, joue le rôle de point topo. Pendant que nous levons la topo, Jean Loup et James organisent une noria de matériel de progression afin de permettre la montée au maximum de néophytes. Ils nous rattraperons plus tard sous terre.

Rapidement, en faisant la topo, je repère des départs, mais n’étant que deux, ce n’est pas facile de tout fouiller. Je râle un peu du fait que les autres soient partis devant sans avancer avec l’équipe topo, ça perd en efficacité et c’est moins sympa. Nous suivons donc le cheminement principal en laissant des points d’interrogations par-ci par-là. Au bout d’une centaine de mètres, la rivière arrive d’un siphon, mais le méandre, fossile, continue dans la même direction. Nous croisons les loulous de devant qui font demi-tour et ressortent. Le méandre principal butte au bout d’un moment sur une zone de trémie ventilée qui serait à fouiller. Au terminus de ce méandre, nous sommes rejoints par Jean Loup, James, Camille, Gwen, Olivier et Nicolas. Nous faisons demi-tour en fouillant quelques départs et en levant la topographie, même s’il faut se plonger dans le guano liquide jusqu’à la taille. Au total, nous effectuons un peu plus de 500 m de topo.

Nous ressortons à la nuit en laissant équipé (TPST : 5 h), et rentrons sur Chachapoyas tard dans la nuit.

Dimanche 19 novembre

En février, Jean Loup et Pierre avaient repéré des cavités sur Granada, commune se situant juste à l’ouest du massif de l’Alto Mayo où nous avons effectués les précédentes expéditions estivales. Les objectifs de la journée sont d’explorer la cueva de Pantoja (poétiquement appelée lors de la découverte Tragadero de la Pubela) en bord de route, de fouiller un peu le champs de dolines, et de topographier la cueva de Lindero qui a été partiellement explorée en février, sans être topographiée à cause d’un matériel topo déficient.

Nous partons assez tôt de Chachapoyas. Sur la piste qui monte au col, Phil essaye son drone de prêt. Les paysages sont magnifiques, nous avons une vue sur l’ensemble des massifs de Soloco et Rodriguez de Mendoza. Au col, nous recoupons un chemin préhispanique de toute beauté.

Jean Loup, Pierre, Isa et Phil s’arrêtent à la cueva de Pantoja. Il s’ouvre carrément sur le bord de la piste, et ressemble au sommet d’un grand méandre (40 m ?) coupé à son sommet. La morphologie est motivante ! Ils équipent le puits d’entrée, mais s’arrêtent à cause d’une part de l’amoncellement de détritus sur les paliers et le fond du puits, et d’autre part sur des trémies de blocs énormes ne semblant tenir en lévitation que par magie. Ca continue, mais il paraît peu raisonnable d’essayer de passer. Juste avant de remonter, ils entendent un camion passer sur la piste : « Tiens, ce sont les éboueurs qui arrivent ! ». C’était une boutade, mais lorsque Jean Loup commence à monter, les sacs se mettent à pleuvoir… Une fois dehors, les éboueurs expliquent qu’une fois par semaine, ils viennent déverser ici les poubelles du village de Granada…

Pendant ce temps, James et ses collègues vont relever le pluviomètre de Granada, avant de repartir pour la laguna de Pomacochas.

De notre côté, Camille, Constance, Gwen, Carlos et moi partons plus bas dans la vallée, revoir la cueva de Lindero trouvée en début d’année par Constance et Jean Loup dans les falaises des gorges. Constance a bonne mémoire et nous mène tout droit au porche. Nous levons la topographie dès l’entrée en avançant tous ensemble. Le caillou est pourri, c’est un calcaire à petites strates très argileuses, digne de notre Valanginien alpin… Mais les parois sont tout de même assez saines, et la galerie propre. L’entrée est clairement une résurgence temporaire et il y a un courant d’air soufflant important.

Au bout de quelques dizaines de mètres de progression, nous arrivons sur un petit actif qui se perd dans une galerie de 60 cm de large pour 30 à 40 cm de haut, mais avec un courant d’air très fort. Nous n’aurons pas le temps de l’explorer. Nous continuons la galerie principale, très confortable, en laissant à droite et à gauche divers départs, jusqu’à arriver dans une grande salle (30 m de diamètre). Nous la fouillons et trouvons la suite, qui est au sommet de la salle, mais il faut effectuer une escalade facile d’une dizaine de mètres pour accéder à la galerie. Nous n’avons pas le matériel pour. Au fond de la salle, nous entendons un actif conséquent, mais nous ne trouvons pas de passage pour le rejoindre.

Du coup, nous nous rabattons sur un départ en paroi. Il est devient rapidement boueux et est sans courant d’air. Au bout d’une centaine de mètres, nous devons nous mettre à quatre pattes, et décidons d’un commun accord de faire demi-tour parce que l’heure tourne.

Sur le retour, nous visitons (avec le matos topo à la main !) tous les départs de la galerie. L’un d’entre eux s’avère parallèle à la galerie principale, il n’est pas très grand (1 m de haut pour 1 m à 0.5 cm de large), mais nous mène jusqu’à une escalade facile dans des blocs que nous n’effectuons pas à cause de l’horaire. Il y a du courant d’air, nous voyons du noir au dessus. Mais d’après le report topo que j‘ai au fur et à mesure sur la tablette, nous voyons que nous nous rapprochons dangereusement de la grande salle précédente. Pendant que nous explorons cette branche, l’équipe de la cueva de Pantoja nous rejoint et nous dit qu’ils rentrent à Chachapoyas.

Nous sortons à 20 h (TPST : 6 h) avec 812 m de topographie. Nous arrivons sur Chachapoyas à 22 h bien tapés.

Lundi 20 novembre

Ce lundi, Camille, Gwen et Jean Loup doivent partir pour Leymebamba et rentrer sur Lima. Nous les accompagnons au site archéologique de Revash. Jean Loup nous montre une grotte en face, mais nous n’essayons pas d’y monter. Une sortie d’eau existe juste en dessous, mais un guide local nous a dit qu’il connaissait, et que la grotte est petite. Ce serait tout de même à voir. En fin d’après midi, nous visitons le musée de Leymebamba. Nous y croisons Olivier qui guide un couple dans le musée. Jean Loup, Camille et Gwen dorment à Leymebamba, nous, nous revenons sur Chachapoyas.

Mardi 21 novembre

Constance reste travailler à Chachapoyas. Isa et Phil veulent rester aussi sur Chachapoyas pour faire un backup de leurs images, filmer le marché, passer chez le coiffeur,…

Pierre et moi décidons du coup de retourner à la résurgence colgada del rio Olia pour finir la topographie et déséquiper. Mais à la voiture, en se préparant, nous sommes abordés par un jeune de la vallée (Edwyn) qui nous dit qu’il sait comment aller à la résurgence du rio Olia, celle dont nous avons entendu parlé depuis plusieurs années, et qui commence à devenir un mythe.

Nous attendons une de ses amies puis nous les suivons dans la vallée qui remonte pour 3 h de marche forcée sous le cagnard. C’est magnifique, mais nous souffrons un peu, d’autant plus que pour ma part, c’est la première vraie balade que je fais depuis mon problème de santé (juin).

Suite à une erreur d’itinéraire, nous montons sur une crête qui domine tout. Il y a des sentiers de partout, la vue est superbe, et à partir de là, c’est la vraie forêt. La source est en dessous de nous, nous faisons demi-tour et trouvons finalement un bon chemin qui nous mène au pied de la vallée où se trouve la résurgence. Il nous faut alors monter sur un vaste cône alluvial. C’est assez peu pentu, mais il est clair qu’il est utilisé depuis très longtemps pour l’agriculture : il y a des murets de soutènement, c’est partiellement déboisé, et surtout, il y a de nombreuses ruines de maisons rondes, typiques de l’habitat Chachapoyas. Le site archéologique semble important et serait à décrire.

Finalement, nos guides nous amène droit vers un énorme bloc (15 m * 12 m * 30 m) sous lequel arrive la rivière. Nous pouvons y pénétrer sur une quinzaine de mètres, jusqu’à un siphon dans les blocs. La visibilité n’est pas extraordinaire (je vois tout de même qu’il doit y voir a minima 4 à 5 m de profondeur), et je suis incapable de dire s’il y a un départ dans les blocs ou pas. De toutes façons, au vu du débit, je doute que ce soit plongeable.

A l’aplomb de la sortie du bloc, l’eau se reperd. Nous pouvons descendre dans le talweg moussu sur environ 60 m jusqu’à une nouvelle sortie d’eau. La encore, c’est impénétrable, mais la particularité de cette résurgence est qu’elle a été construite par les Chachapoyas, comme s’ils avaient voulu canaliser l’eau.

Pierre va faire un tour au dessus du gros bloc. Il trouve des sépultures éventrées, mais aucune trace d’un quelconque écoulement qui pourrait faire penser qu’il y ait une résurgence pénétrable au dessus. C’est dommage.

Nous revenons à la voiture en milieu d’après midi, mais vu l’heure et la fatigue, nous décidons de ne pas aller déséquiper l’autre résurgence, et rentrons sur Chachapoyas. Nous y retrouvons Phil et Isa dépités : Lors du transfert des images du drone par wifi sur son téléphone, son téléphone à déclaré forfait, et a montré son désaccord par un écran noir du plus bel effet… Aucune « parlementation » n’a permis de le redémarrer, et les images sont peut être perdues… Rajouté à ça, Phil n’arrive plus à recharger sa tablette. Et cerise sur le gâteau, le coiffeur qu’il a vu l’a complètement raté, et il a du aller voir un second coiffeur pour tenter de corriger le tir… Heureusement, les Piscos du soir ont permis de remettre les idées en place !

Pendant ce temps, Jean Loup, Camille et Gwen font la route de Leymebamba jusqu’à Cajamarca en passant par le canyon du Rio Marañón. Ils font un crochet par Púsac pour aller voir la fameuse « grosse » résurgence indiquée par Benjamin Morales (INAIGEM) et repérée sur Google Earth. Il s’agit d’une belle résurgence impénétrable, qui sort au niveau du contact des calcaires, et captée pour les villages de Púsac et San Vicente de Paul. Débit estimé à 3-4 m3/s.

Mercredi 22 novembre

Nous essayons de partir tôt (Pierre, Phil, Isa et moi) sur le plateau au-dessus de Soloco. En effet, nous avons trouvé le mois dernier sur Google Earth de nouvelles images à haute résolution spatiale sur la zone, et avons vu qu’un semblant de piste y monte. Il ne nous en faut pas plus pour décider d’y faire une reconnaissance pour préparer une future expé la haut. Nous prévoyons d’y dormir le soir.

Mais, la loi des séries continue… En arrivant au village El Mito, dernier village avant la piste en question, il y a des travaux sur les canalisations du village. La route est complètement éventrée, c’est impossible de passer. Les ouvriers nous disent qu’il nous faut attendre, ou revenir demain. Nous choisissons la deuxième proposition, et partons pour la résurgence Colgada de Olia.

Nous y fouillons et topographions les différents départs, et après un ramping, nous arrivons dans une belle galerie remontante. Malheureusement, nous sommes arrêtés à la base d’une grosse trémie que nous n’osons pas chatouiller. Pourtant, il y a du courant d’air ! Nous ne rajouterons que quelques dizaines de mètres de topo portant le développement total à 614 m, et faisons demi-tour en déséquipant. Sur la vire d’entrée, un Pulse qui a été fortement sollicité lors de nos passages n’est pas extractible, et nous devons le laisser en place. Nous considérons la cavité comme terminée pour nous.

Nous reprenons la route pour Soloco, et allons frapper à la porte de Josefa et Manuel, personnes qui ont beaucoup œuvré les années précédentes pour les différentes expéditions à Soloco. Pierre ne les avait pas vu depuis plus de 10 ans, mais l’accueil est fantastique et nous dormons dans le magasin. Finalement, c’est heureux parce que dehors, c’est le déluge une bonne partie de la nuit !

Jean Loup, Camille et Gwen arrivent à Lima à 21 h.

Jeudi 23 novembre

Dans la matinée, restée sur Chachapoyas, Constance revient sur Lima en avion.

De notre côté, en début de matinée, nous disons au revoir à Josefa et Manuel, puis retournons à El Mito pour aller voir la piste qui devrait nous mener à proximité du site de Chaquil. Manuel nous a appris qu’elle est effectivement récente, et que le projet a été arrêté suite au décès de l’alcade de Soloco.

A El Mito, c’est le bazar, mais ça passe. Nous tournons un peu pour trouver le départ de la piste alors qu’il est évident (il suffit de continuer au plus grand/logique !). La piste est excellente (et sans risques quelque soit la météo) jusqu’au fond de la doline de Kichanos. Ensuite, elle passe bien, mais il est fort probable qu’elle se dégrade assez vite, certaines parties commencent déjà à glisser, et sans entretien, la piste ne sera plus praticable pour les véhicules.

Nous nous arrêtons vers 3100 m d’altitude, en arrivant sur la doline donnant sur le tragadero de Pumatushuna. Les paysages sont vraiment fantastiques, et là, nous sentons vraiment qu’il y a un gros réseau sous nos pieds.

Nous allons voir à proximité de la voiture une falaise en fond de petite doline parce que ça sent le trou. Sur le chemin, nous croisons un papy qui nous souhaite la bienvenue d’une manière très sympathique, et qui nous accompagne au pied de la falaise. Il y a effectivement un départ, mais il est rapidement colmaté. C’est la cueva de la Nueva Esperanza.

Nous revenons à la voiture et repartons à pied pour faire le tour de la grande doline de Pumatushuna, et aller voir plus en amont le champ de dolines repéré sur les images satellites. La progression est assez facile, et nous arrivons au bout de 30 min sur la crête et avons une vue de l’autre côté : c’est plein de dolines, mais pour descendre au fond, il faut faire 100 à 150 m de dénivelée. Nous descendons dans la première qui s’offre à nous. Nous devons nous tailler le chemin à la machette dans un talweg à sec. Nous arrivons dans une zone de gros blocs entre lesquels l’eau descend. C’est tout propre, il y a du volume, et ça descend. Pierre, sa torche entre les dents descend d’une trentaine de mètres et s’arrête au sommet d’une verticale de 20 à 30 m, qui a l’air de continuer en dessous. C’est super motivant, il y a du courant d’air, il faudra revenir avec du matériel. Il l’appelle Tragadero El Rico.

Nous remontons, mangeons au soleil et descendons dans les dolines contiguës. Nous en trouvons une qui est très ventilée, et qui semble passer en louvoyant entre les blocs (doline du Hobit à cause de la belle forêt qui en occupe le fond). En remontant, nous voyons le ciel s’obscurcir, il n’est pas tard, mais nous décidons par sécurité de rentrer à la voiture.

Nous prenons un chemin différent, et juste derrière la voiture, nous trouvons une autre doline profonde qui butte sur une grande falaise. Nous ne pouvons nous retenir d’aller y jeter un œil, mais malheureusement, tout est colmaté. En remontant, nous prenons l’orage, la foudre tombe sur un arbre 20 m devant Pierre. Nous avons eu chaud… Et ne trainons pas trop pour rentrer à la voiture.

En arrivant à El Mito, la route est de nouveau bloquée. Nous devons attendre presque 2 h avant de pouvoir passer et rentrer sur Chachapoyas.

Vendredi 24 novembre

C’est notre dernier jour sur Chachapoyas. Nous décidons de faire un peu de tourisme et d’aller voir la Cascade de Gocta, une des plus grandes cascades au monde (>700 m), décrite dans un spélunca récent par une équipe espagnole qui en a fait la descente.

Au moment où nous arrivons au village au pied du cirque, il fait beau, mais le ciel au fond est bien noir. Le débit de la cascade semble être à l’étiage. Nous marchons jusqu’au pied de la cascade (2 h). Elle est quand même impressionnante, même si la rivière n’est pas en crue. Nous faisons quelques photos, et c’est à ce moment que nous nous faisons copieusement mouiller par un gros orage. Nous attendons un peu à l’abri, mais finalement, l’accalmie n’arrivant pas, nous repartons vers la voiture sous la douche. Nous arrivons complètement trempés au village. Le cirque se dégage de nouveau, nous permettant de revoir la cascade… qui cette fois est en vraie crue. C’est carrément impressionnant, et il ne doit pas faire bon être à côté ou au pied, nous voyons les embruns remonter le long de la falaise sur plus de 100 m de dénivellation… Et tout autour, les petits talwegs se sont aussi mis à cracher, avec des débits de plusieurs centaines de litres voir mètres cubes… C’est dantesque.

Nous laissons toute cette eau couler, photographions une belle et grosse mygale verdâtre et partons pour Leymebamba à la Casona pour y dormir. C’est sympa, mais tout de même un peu cher pour ce que c’est, mais c’est le seul hôtel correct du village. Le but est de raccourcir le voyage du lendemain pour rejoindre Pacasmayo. Le soir, dans un restaurant local, à la télévision, nous apprenons que sur Cajamarca, il y a des crues, et que les rues de Baños del Inca sont traversées par une vague de boue… C’est là où nous devons passer demain…

Samedi 25 novembre

Nous partons à 9 h 30. La route est longue, elle tourne beaucoup, il y a beaucoup de dénivelée, mais elle est magnifique. Finalement, la traversée de Baños del Inca et Cajamarca se fait sans problèmes. Mis à part des soucis d’oreilles qui passent difficilement pour Isa, et un peu de brassage pour Pierre, tout se passe bien et nous arrivons à Pacasmayo un peu avant 21 h.

Dimanche 26 novembre

Nous partons ensemble de Pacasmayo vers 9 h. Je laisse Pierre, Isa et Phil aux ruines de Chanchan à Trujillo vers 11 h. Ils ont un bus le soir pour aller à Huaraz en Cordillera Blanca quelques jours.

Je termine la route jusqu’à Lima seul où j’arrive à 20 h 30, après une pause sympathique sur le port de Las Tortugas.

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

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