Exploration au Gouffre Jean-Bernard dans les plafonds de la Gourance

du 07/03 au 08/03/2015 | Samoëns (74 - Haute-Savoie) | France

Vendredi 06 mars

Je récupère Vincent à Chambéry, et nous retrouvons David au Savoy. Ce n’est qu’au parking que toute l’équipe se rejoint, vers 22 h, sous un ciel bien étoilé. Nous chaussons les raquettes au niveau de l’intersection entre le chemin du « bas » et celui du « haut ». La trace ne devient difficile à faire qu’à partir du virage des Eaux Froides, mais nous ne mettons qu’entre 1 h 40 et 1 h 50 pour arriver au refuge.

Samedi 07 mars

Le but du weekend est de continuer les explorations dans les plafonds de la Gourance au Jean Bernard. Nous avons de quoi faire deux équipes, mais Patricia et Antoine préfèrent profiter du soleil, et nous aident à acheminer le matériel à l’entrée du V4bis. Nous entrons sous terre vers 12 h. Patricia et Antoine redescendent dans la vallée.

2 h 30 plus tard, nous sommes au bivouac -500 m, où nous prenons un peu de temps pour nous restaurer, puis nous récupérons un peu de cordes et rapportons vers la Gourance. Dans les plafonds de la Gourance, nous nous dirigeons au terminus d’il y a deux semaines, l’escalade des Pédales. Dav, en grande forme, monte et attaque la suite… Facile, mais crémeuse… Le puits est rapidement sorti, et  nous nous enfilons dans la suite qui est un petit méandre de 1 m de haut pour 60 cm de large. Le sol est boueux, mais par endroit, de nombreux cristaux de calcite sortent, c’est esthétique. Malheurement, après un petit ressaut, la galerie est colmatée par l’argile. C’est difficile à dire, mais il semblerait qu’il y ait un peu de courant d’air. Mais vu la température extérieure (de l’ordre de la température du trou), il faudrait revoir se terminus pour en être sûr. Nous faisons demi-tour en levant la topo et en laissant l’équipement en place. Au total, nous topographions une trentaine de mètres.

Nous faisons le point, et décidons de remonter afin de ne pas être trop détruits pour la semaine suivante. Mais quand même, sur le retour, je propose d’aller voir la petite conduite forcée dont Steph m’a parlé, juste au sommet des escalades qu’il avait faites avec Antoine. effectivement, il avait raison, il y a du courant soufflant, mais il faut creuser dans l’argile pour passer. Dav, devant semble motivé par la suite, il en a même oublié le fait que lundi, il devra se lever à 3 h 30 du mat… C’est dire !

Au bout d’une quinzaine de minutes, Oliv passe sans matos, et nous annonce qu’il est arrêté sur une petit puits. Sur le bord de la galerie, il y a de nombreuses aiguilles de gypse. Dav élargi encore un peu, et passe aussi sans matos. Nous lui faisons passer toute la quincaille, les cordes et le perfo, et je continue à creuser l’étroiture dans la glaise. Le temps qu’Olive et Dav équipe, j’arrive à faire une autoroute, nous passons avec matos sans difficultés.

Le puits mesure 4 m, nous arrivons dans une salle de 4 m de diamètre environ. Vers l’ouest, un départ légèrement soufflant se pince. Pour continuer, il faudrait creuser dans l’argile.

Vers l’Est, Dav découvre une petite alcôve… avec une chauve souris au fond ! Pas un squelette, pas un truc tout moisi, non non, une vraie boule de poils avec des ailes ! Vincent en fait quelques photos. Nous sommes sacrément surpris de découvrir une bestiole comme ça dans cette zone. Nous sommes loin des entrées connues, vers -600 m environ par rapport au V4.

Dans le bas de la salle, une galerie de 1 m de diamètre descend dans le pendage. Le courant d’air en vient. Au bout de 10 m, la galerie s’élargie. C’est une belle conduite forcée en joint de strate qui descend à 35/38°.  La pente est impressionnante, et devant nous, il n’y a que du noir ! Le sol est constitué de 10 à 15 cm de glaise très très sèche (probablement à cause du courant d’air), découpé le long des fentes de dessiccation. Il en résulte que de nombreux blocs de glaise dure tombent sur les premiers… Par endroits, il y a de belles fleurs de gypse. Nous descendons un ressaut de 3 m, et continuons dans le joint de strate. Au bout d’un moment, nous entendons la rivière, et la galerie se divise. Nous descendons au plus évident, et après le passage d’une étroiture, j’arrive en vue du sommet du méandre. Je n’ose pas m’approcher du vide, mais estime la rivière à 20 ou 30 m sous mes pieds. Nous devons être entre -650 m et -700 m. Nous remontons en levant la topographie. Et nouvelle surprise, sur le plafond, nous trouvons un insecte moisi… Au retour dans la salle, la chauve souris à disparue, non, ce n’est pas l’un d’entre nous qui avait la dalle… Elle devait donc être bien vivante !

Dimanche 08 mars

Nous remontons au Bivouac -500 m, reprenons quelques forces, puis enchainons la remontée. 4 h après avoir quitté le bivouac, nous sortons sous un beau ciel étoilé, il est 5 h 30. Nous descendons en vitesse au refuge. Le regel de la nuit me fait avoir des sueurs froides dans la traversée de la pente juste au dessus du refuge !

Au refuge, nous nous faisons chauffer un café, puis Oliv, Vincent et moi nous jetons dans les bras de Morphée. Dav descend dans la foulée dans la vallée pour rentrer à Grenoble.

Nous nous levons à midi, et prenons le temps de nous restaurer. Dehors, la température est agréable, la neige du toit fond, et à 14 h pétante, le soleil tape sur le refuge. Nous restons deux bonnes heures à chauffer au soleil, puis allons faire un tour au BA06, BA03 et BA05. Et bonnes nouvelles, les trois trous sont ouverts par le courant d’air, et la, il n’y a pas de doutes possibles…

A 18 h, nous sommes autour d’une bonne bière dans un bar à Samoëns.

Au total, nous avons exploré et topographié 186 m au dessus de la Gourance !

PS : Les photos sont de Vincent

TPST : 17 h 30

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.
Vincent SVincent S.

Galerie photo

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