Grotte de la Lutinière : Un S3 qui continue…

le 18/10/2020 | Fontanil - Cornillon (38 - Isère) | France

Les dernières sorties à la grotte de la Lutinière nous donnent de la motivation pour y retourner et continuer l’exploration. C’est une chouette aventure humaine !

Pour ceux qui ne veulent pas lire le CR, la nouvelle topographie est sur la page des explos en Chartreuse.

Nous nous retrouvons tous vers 9 h sur le parking de la mairie du Fontanil. J’ai préparé mes affaires à l’arrache, et j’ai oublié la corde et les dyneemas que j’avais prévu d’amener… Heureusement, Tibo a trois ratailles de cordes dans son coffre, et nous les lui empruntons (pour du long terme !). A 10 h, nous sommes devant le siphon. Nous sommes lourds : Steph et Cédric sont en Bi 6 L 300 b + 1 relais de 4 L, Tibo en Bi 6 L + 2 relais de 4 L et moi en Tri 6 L ; et en plus, Cédric porte le sac de matos (rataillons de corde, pulses, amarrages, étriers, perfo,…).

Tibo passe devant dans le S1, je le suis, puis viennent Cédric et Steph. La visibilité est meilleure que le weekend précédent, nous arrivons à voir le fil presque tout le long, mais pas beaucoup plus loin (genre, un petit mètre de visi). Comme les weekends précédents, je ne suis pas dans mon assiette, j’ai les voies respiratoires encombrées, et les oreilles passent difficilement. J’essaye de ne pas forcer dessus, j’ai du gaz pour les gérer, mais quand même, ce n’est pas évident. A la sortie du siphon, je me rends compte que les sinus aussi ont pas mal pris et saignés, mais ce n’est pas dérangeant.

Le portage jusqu’au S2 est plus lent que les dernières fois, nous sommes vraiment lourds, et il y a quand même trois passages, non pas difficiles, mais un peu chiants à négocier avec de 35 kg sur le baudrier…

Le S2 est comme d’habitude, avec son petit mètre de visibilité. Finalement, nous nous y habituons, nous y sommes comme chez nous. Tibo est toujours devant, je suis, et derrière moi arrivent Cédric puis Steph. La première étroiture passe comme une lettre à la poste (enfin, maintenant, il parait qu’il faudrait dire « comme un message What’sapp…, mais ce serait de la pub déguisée !). Pourtant, avec une bouteille de plus, je la craignais. Steph me dira plus tard que derrière nous, il n’y voyait vraiment rien, et qu’il s’y est pris à plusieurs fois pour trouver le passage, avec un moment de doute ! Ensuite, la visibilité s’améliore nettement à partir de -17 m, signe que nous rejoignons l’actif. Tibo lâche son relais de 4 L au point bas, moi, je lâche mon relais de 6 L à 70 m, juste avant l’ancien terminus. L’étroiture suivant passe bien, ainsi que la descente. Steph et Cédric laissent leurs relais dans la salle entre les deux étroitures. Steph rééquipe la dernière étroiture, pour passer dans un passage un peu plus large. La suite est de toute beauté !

A la sortie du S2, nous ne trainons pas, nous nous dessapons et sortons le matériel d’artif. J’assure Steph qui pose 3 pulses avant de sortir l’escalade (E4). Je monte à sa suite, et avec Cédric, nous fouillons. Nous sommes toujours dans des failles, avec des blocs instables de partout, c’est haut (par endroit 6 – 7 m). Un petit oeil permet de descendre jusqu’à sommet d’un P4. Je pose les points, puis nous posons les deux petites ratailles de corde tous ensemble. C’est juste, mais ça touche l’eau en bas. En effet, en bas de ce puits, c’est large, et nous voyons clairement le départ d’un siphon, bien clair. La surface présente de petite vaguelettes, signe que le courant est là et que la suite est là aussi…

Nous discutons pour savoir si quelqu’un va jeter un oeil dans le siphon, avec quelles bouteilles, et avec quel fil… Il faut dire que nous sommes tous avec nos petits dévidoirs de secours, et que nous n’avons pas beaucoup de fil. Finalement, ce sera Steph qui s’y collera, avec les bouteilles et le dévidoir de Tibo. La mise à l’eau est chiante car sur corde. La galerie qui suit est belle, elle descend à -10 m rapidement, pour remonter à -6 m à la faveur d’une salle d’effondrement. Elle change de direction, de N80, elle passe à N120, et elle descend. Steph s’arrête sur plus de fil à -22 m et à 60 m du départ du siphon. Le terminus est une conduite forcée de 2 m de diamètre qui continue à descendre dans le pendage… Jusqu’à où ?

Pendant sa plongée, Cédric et moi fouillons l’inter-siphon et levons la topographie. Tibo attend Steph au sommet du P4 pour l’aider à remonter avec le matos. Une fois de retour, nous plions toutes nos affaires, raccrochons les blocs, et nous ré-imergeons dans le S2 dans le même ordre qu’à l’aller, après près de 2 h 30 passés dans l’inter-siphon.

La visibilité s’est dégradée, mais nous voyons encore le fil. Pour moi l’étroiture d’accès à la salle de -14 m se passe bien, dans la suivante, je m’y engage la tête en bas, je n’ai pas envie de tenter d’y aller les pieds en premier. Je passe presque la première zone étroite et me sens retenu. Evidemment, ça n’aurait pas pu m’arriver dans un endroit large… J’essaye de remonter, mais j’ai une palme mal engagée, et je n’arrive pas remonter ma jambe droite. Du coup, il me faut trouver le problème dans la zone la plus étroite. Je bouge la bouteille qui me semble bloquer, mais ce n’est pas elle, c’est en fait un de mes plombs, sur mousquetons, qui a eu la bonne idée de faire un tour mort autour du fil d’ariane… Il me faut un petit moment, toujours tête en bas pour démêler tout ça… La suite du S2 se passe sans histoire. Steph rééquipe le fil détendu dans la première (en venant de l’aval) étroiture verticale pour améliorer son passage.

Le retour vers le S1 est plus rude qu’à l’aller, le poids me fatigue pas mal et m’essouffle. Le S1 est bien touillé, mais il n’est finalement qu’une formalité. Nous arrivons aux voitures à 15 h bien tapées, l’estomac au bout des palmes.

Conclusion :

La cavité ne se donne pas facilement. Même si nous nous doutions que derrière la trémie, nous pouvions trouver un nouveau siphon, nous espérions tout de même un petit peu plus d’exondé ! Maintenant, la grotte développe 502 m. Elle continue dans le S3, c’est la suite parce que nous sommes bien dans l’actif, il n’y a pas de questions à se poser. Le problème, c’est que le S3 semble vouloir descendre. Le terminus est à -22 m, et si nous atteignons les -30 m, ce ne sera plus les même plongées, il va falloir plus de gaz. A la prochaine sortie, il faudra peut-être venir avec un bi 6 L 300 b et un relais de 6 L 300 b juste pour ce siphon. Il faudra peut-être penser à utiliser des nitrox dans les relias pour limiter la décompression et les risques d’ADD avec les yoyos que nous sommes obligés de faire. Pour maximiser la décompression, il nous faudra aussi prévoir de pouvoir se faire des soupes et du thé dans l’inter-siphon S2-S3 histoire de se réchauffer parce que l’eau est froide (8°C).

Nous en saurons plus à la prochaine plongée, mais si ça continue à descendre ou si ça reste trop longtemps dans la zone des -30 m, il va falloir des plongeurs en recycleurs qui n’ont pas peur des étroitures, ni de la touille, ni du portage !

Suite au prochain épisode. C’est quand qu’on y retourne ?

TPST : 5 h

Participants à l'activité

Stéphane LStéphane L.
Xavier RXavier R.

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