Stage perf sur mesure pour les Sfaxiens

du 30/09 au 05/10/2018 | Vallon Pont d'Arc (07 - Ardèche) | France

Suite à nos vacanes en Tunisie où les amis de Julien MONDON (Djeloul) nous avaient accueillis de Tunis à Sfax en passant par Oueslatia, Julien émet l’idée d’organiser un stage perfectionnement sur une semaine pour les spéléologues du Groupe Multisports  Sfax Outdoor Sports (SOS). Forcément, je réponds présent et Zélina, Anaïs et moi partons des 60 ans Vulcain sous la pluie pour les environs de Vallon Pont d’Arc.

Sur la route, nous téléphonons à Djeloul pour savoir si nous les rejoignons aux falaises de Ruoms où ils étaient censés commencer le stage. Et finalement, l’inertie au départ de Lyon a réorienté le début du stage vers du tourisme en Ardèche. Bref, après quelques échanges et estimations horaires, nous irons directement au gîte Césame.

Nous arrivons au gîte pour l’apéro (ça vous étonne ?). Jacques et Sébastien discutent pendant que Cécile prépare le plat du soir; poulet fermier/patates, alors qu’elle est végétarienne. Elle fait des allers/retours pour demander conseils aux omnivores. Elle passera son tour quand arrivera le moment de fourrer les poulets au thym. L’apéro commence vraiment quand les Sfaxiens, Julien, Amal rentrent de leur visite du Pont d’Arc. Ils sont bien 7, ouf. Les derniers visas ont été validés quelques jours avant le départ.

Ce sont les retrouvailles avec Zdaaa, Sedki, Turky, Kolsi et les rencontres avec Amir, Stourra et Kaïs qui me remet illico le paquet de zammit que j’avais commandé. C’est cadeau, parce que 500 grammes, c’est ridicule quand ça s’achètent par plusieurs kilos 🙂

Le plan de table s’organise naturellement, mais non moins bizarrement en : les Français d’un côté, les Sfaxiens de l’autre. Après un bon repas et quelques discussions, nous commençons le stage avec l’heure de petit déjeuner, 8h. Ça change des 6h15 d’Hélène !

Lundi matin, 8h30, les Sfaxiens préparent un petit déjeuner qui tient au corps, une bouillie à base de céréales que nous avions déjà goûter à Tunis, avec des miettes de chemia (halwa) pour assaisoner. C’est technique à cuire car ça peut rapidement s’agglomérer comme de l’enduit et je mettrais 2 jours à savoir le prononcer correctement. Départ pour les falaises de Ruoms un peu après 10h. Nous n’avons pas Judi pour escalader en libre, donc c’est l’organisateur du stage Djeloul qui s’y colle et j’essaye à mon tour en me sécurisant sur la corde. Grandes marches, bonnes prises, c’est facile, mais l’effet papa est là, je prends moultes précautions pour ne pas me louper.

En bas, c’est la reprise des bases de la progression et de l’équipement à la Française, car les niveaux sont disparates. Côté équipement, ils utilisent exclusivement le bunny en tête de puits, n’utilisent pas de dyneema, n’équipent pas en plafond. Côté progression, ils mettent toujours leur deux longes comme en via ferrata, ne longe quasiment jamais la poignée, découvrent le bloqueur de pied et la notion d’EPI ou de résistance des divers matériaux est un peu flou. Pendant ce temps là, nous équipons quelques voies pour la pratique de l’après-midi.

Après le pique-nique, avec ou sans harissa, selon les goûts, les plus expérimentés partent équipés, pendant que d’autres vont parfaire leur progression et régler leur matériel et Anaïs partira randonner avec Zélina en écharpe (merci Pauline !). Après des compléments d’information botanique sur la résistance du buis pour un amarrage irréprochable et l’interdiction d’un monopoint au dernier fractio quand y’a des ronces en dessous (mais pas que), nous nous apercevons qu’il manque des amarrages à plusieurs endroits sur ces falaises pour équiper façon EFS. Le déséquipement est également encadré et je commence à plaisanter sur la facilité de défaire un bunny après une dizaine de passages quand je les vois le taper par terre.

À l’apéro, nous discutons de tout ce qui diffère dans nos pratiques et qui va avec les cavités que l’on trouve chez nous et chez eux. Les Sfaxiens nous préparent une ojja merguez, mais avec la harissa à part pour épargner nos papilles. À table, nous commençons à nous mélanger et les discussions tournent autour des actualités et l’histoire de nos deux pays.

Le mardi, première sortie sous terre. Il y a un cadre en rabe, donc j’en profite pour travailler un peu à régler mes galères professionnelles du moment. Sauf que le réseau mobile a sauté à Vallon Pont d’Arc et je passe un moment avec Anaïs à chercher un lieu pour bosser avant de la laisser rentrer avec Zélina. Je retrouve nos stagiaires en fin d’après-midi, discutons de ce qu’ils ont fait ou testé. Les échanges culturels se poursuivent jusqu’au digestif, où je fais goûter à quelques téméraires du marc de raisin, dont Amir 19 ans, pour qui c’est la première goutte d’alcool. Après la surprise, il se racle la gorge il compare ça au son que je fais pour prononcer la bouillie du petit déjeuner et tout le monde éclate de rire. Nous finissons la soirée avec Zdaaa, à jouer à la chkokba, ce fameux jeu de feuilles Tunisien, plus qu’inspiré de la scopa italienne.

Mercredi, Jacques nous emmène à l’aven Despeysse avec Amir et Kaïs. Arrivé sur place, l’aven est équipé en fixe par le club de Saint-Marcel. Qu’à cela ne tienne, nous équiperons par dessus, une première pour eux. Ils souhaitent équiper comme je pourrai le faire. Ils n’ont pas été prévenus que j’étais pointilleux et très bavard sans doute 😛 Du coup, j’essaye de proscrire le bunny et de partir sur un équipement minimaliste façon « toucher n’est pas frotter ». Kaïs, qui est le plus avancé techniquement commence et à part quelques questionnements sur comment il aurait pu faire autrement, arrive tranquillement en bas du P7 où nous mangeons nos sandwiches au salami de dinde et à la harissa, avant de finir par un thé à la menthe. Amir prend le relais, mais nous avons du mal à nous comprendre sur le raboutage de corde et Kaïs viendra me seconder jusqu’en bas de la cascade taillée. Amir est volontaire, mais débute à l’équipement, donc s’emmêle et finit par ce qu’il sait déjà faire. L’heure tournant, j’envoie Kaïs équiper le P15, le pendule et le R4 final pendant qu’Amir finir la cascade taillée, configuration qu’il n’a jamais vue. Il hésite sur la façon de gérer le pendule mais finit par comprendre le mélange descendeur/poignée et s’en sort très bien. Ils veulent déséquiper à deux pour que Kaïs encadre Amir pour le pendule, donc je remonte en restant au contact de la voix. La remontée du R4 glissant, le déséquipement du pendule où une corde s’emmêle dans l’autre équipement, celui du P28 avec la déviation qui change l’équilibre, le bas du P7 qui part de travers, la sortie de puit du P22 avec les pieds dans le vide, le transport du kit dans le tunnel de 1971. Toutes ces configurations sont nouvelles, prennent du temps à appréhender et la fatigue se fait sentir. Mais ils tiennent à sortir leur kit et le sourire revient quand je leur dis que c’est une classique pas classique. Nous sommes sortis plus tard que l’heure qu’ils avaient estimée et nous discutons des marges apprendre dans les estimations.

Le soir, nous leur demandons ce qu’ils veulent faire, grosse sortie pour profiter vendredi ou sortie normale et petite sortie vendredi. Ils choisissent à l’unanimité de sortir normalement le jeudi et de faire une activité tous ensemble le dernier jour.

Jeudi, nous partons à l’aven du Marteau avec Kolsi et Stourra. C’est la troisième sortie du stage, donc je les laisse m’emmener. L’entrée étroite se fait par un gros AN juste au dessus, mais le manque d’habitude de ce genre de configuration les fait hésiter, puis sur comment équiper. Stourra est à la maneuvre et je dois insister en rigolant pour qu’il double la dyneema. Il hésite sur la suite et veux sauter sur les spits qu’ils trouvent. Nous abordons la lecture de cavité, « à ton avis, ça va où ? », puis le confort « tu vas être dans quelle position au retour ? » « La margelle est pratique là non ? ». Ce qui nous fait arriver dans la grande salle pour déjeuner. Après le thé, nous mettons un moment à trouver la suite et c’est Kolsi qui équipe la main courante étroite, avant d’incliner vers le bas où je ne vois pas la suite et sa description ne m’aide pas. Il galère et n’est pas rassuré parce que ça touche mais veut y arriver. Quand il libère le passage, la lecture me fera dire qu’il y a deux points au plafond derrière là où il était, mais il ne les a pas vu, ça touche un peu trop à mon goût. Je donne les consignes à Stourra pour corriger ça et je rejoins Kolsi, allonger confortablement en opposition au dessus du P55, Stourra nous rejoint et vu le manque d’amarrages, nous ne pourrons pas aller au fond. Du coup, nous commençons le désequipement et essayant de regarder ce que nous aurions pu économiser, puisqu’ils avaient suivi la fiche d’équipement. Et comme, ils ont tous les deux empruntés un pantin, le déséquipement est assez rapidement.

En rentrant, Zdaa me fait comprendre qu’il veut sa revanche à la chkobba. Julien nous apprend que l’activité sera une descente de l’ardèche en canoë. Finalement, il n’y aura pas eu d’exposés vu les longues journées. Après le repas, la soirée se prolonge un peu, et Kévin et moi pensons qu’on ne peut termine un stage sans un jeu spéléo comme le tour de table. On les chauffe un peu et tout le monde finit par bien vouloir essayer, même Jacques ! Nous finissons la soirée avec Zdaaa à jouer à la chkobba pendant que les autres papotent dehors.

Vendredi, passé le ménage du gîte, nous partons faire quelques kilomètres sur l’Ardèche tous ensemble. Nous cherchons plus à nous mettre à l’eau qu’à pagayer efficacement. Sur le trajet, Djeloul, moniteur, nous apprendra quelques jeux qui se finissent à l’eau une fois sur trois. Bref, c’était bien plus drôle que les 32Km en plein soleil qui ont fini à la biaffine 😀

C’est déjà l’heure de se dire au revoir. La semaine était riche d’enseignement pour tout le monde. Comment contourner la barrière de la langue, comment adapter notre enseignement à une pratique assez différente.

TPST: 12

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