Weekend dans la Cañete, Pérou

du 27/05 au 29/05/2017 | Région de Lima | Pérou

10 jours auparavant, j’étais en mission de terrain dans la région de Cuzco et d’Abancay, entre 3000 m et 4000 m d’altitude. Je me disais alors que ce serait bien de programmer une sortie dans la Cañete (>4000 m d’altitude), afin de profiter de mon acclimatation. Nous prévoyions alors de continuer l’exploration le samedi du Tragagadero de la Cañete, le dimanche d’aller visiter le Tragadero de Totoral, et en rentrant, si la motiv est toujours la, de plonger la résurgence de la Cañete.

Samedi 27 mai

Nous partons de Lima à 7 h 30. Il y a déjà pas mal de traffic, et nous sortons de l’agglomération à Chosica vers 9 h 30. Comme d’habitude, il y a plein de taxis et de mototaxis qui roulent partout où c’est possible, s’arrêtent sans crier gare, doublent sans visibilité, et surtout se trainent… Alors, comme à chaque fois je double souvent, à petite vitesse. A la sortie de Chosica, ce que je craignais depuis que je conduis au Pérou arrive : au moment où je le double, un mototaxi tourne à gauche sans regarder dans son rétro. J’ai beau ne pas arriver vite, j’ai beau freiner, je cogne quand même le garde boue arrière du touktouk. A ce moment, je devait être à 5 km/h, pas plus, mais ça a suffit pour que le mototaxi se retourne comme une crêpe… Il y avait pas mal de monde sur le trottoir, ça réagit vite, l’engin est remis sur roues tout de suite. Le temps que je me gare sans gêner le traffic, le client du mototaxi s’est barré sans demandé sons reste, et le conducteur sort en rampant. A première vue, il n’a pas grand chose, juste quelques contusions. Une ambulance est quand même appelée, et l’embarque pour l’hosto. Les flics aussi rappliquent. Nous rejoignons avec eux l’hôpital ou nous apprenons que le chauffeur n’a effectivement que quelques contusions, rien n’est grave. Nous passons au total 2 h pour la paperasse et pouvons enfin repartir.

Finalement, nous arrivons à Tanta (où nous avions prévu de dormir) à la tombée de la nuit. Nous devons abandonner l’idée d’aller continuer l’explroation du Tragadero de la Cañete.

Dimanche 28 mai

La nuit a été mauvaise, le soroche (mal de tête à cause de l’altitude) nous a tous fait sonner le crâne toute la nuit. Il faut dire que le village est à 4280 m d’altitude, et que la veille, nous sommes parti de Lima, soit 80 m d’altitude…

A 8 h 30, nous prenons la piste pour aller à la perte de Totoral, perte que nous avions vue en novembre, sans l’explorer. Nous espérons qu’il y aura moins d’eau, et que nous ne serons pas obligés d’équiper en plafond. Mais en prévision de longues mains courantes, j’ai prévu pas mal de corde (180 m) et d’amarrages. La piste, déjà en mauvais état en novembre s’est fortement dégradée à cause des grosses pluies de février-mars. Benjamin et Fabien sortent souvent pour bouger des blocs tombés au milieu de la piste. Arrivé au col (~4880 m), nous avons la surprise de trouver la piste barrée par un mur en pierres sèches. Bizarre. Nous passons un peu de temps à le démonter, au gabarit de la voiture, puis entamons la descente. A la deuxième épingle, nous comprenons le pourquoi du mur… Et c’était ce que je craignais : une des rigoles qui coupait la piste en novembre a énormément raviné, et le 4*4 ne passe plus. Il faudrait à plusieurs à la pioche pendant plus d’une journée pour réouvrir la piste. Nous sommes à 4840 m d’altitude, et la perte convoitée, visible de ce point, est 400 m plus bas.

Nous nous chargeons alors comme des mulets, et descendons vers la perte en 1 h 30 bien tapées. Il fait beau, nous grillons, et le paysage est magnifique. Il faut dire que nous sommes au pied de glaciers descendants de sommets supérieurs à 5600 m d’altitude…

Ce que nous espérions n’est pas d’actualité. Certes, il y a moins d’eau, mais quand même ~300 l/s dans un méandre d’un mètre cinquante de large, ça fait encore beaucoup. Après nous être sustentés, j’équipe dès l’entrée en plafond. Au premier spit, une nouvelle tuile nous arrive : je n’ai pas terminé mon trou que la mèche est complètement fumée… Au lieu d’un beau trépan, il n’y a qu’un bout plat… Décidément ! je continue quand même à user ma mèche, et 2 spits et un AN plus tard, je suis sur une banquette dominant une cascade. Fabien et Constance me rejoignent. Un coup de lampe en bas de la cascade nous donne un nouveau coup au moral : en bas, l’eau bouillonne dans une marmite de 1.5 m de large, et s’enfile dans un méandre/goulotte de 40 cm de large pour autant de haut. Je n’arrive pas à voir si nous pouvons avoir pied. Pour continuer, il faut se mettre à la baille complet, en Néoprène. Mais autour de cette goulotte, le rocher est propre, poli, il est évident qu’à la moindre montée des eaux, ce passage s’ennoie. Considérant toute la chance que nous avons depuis le début du weekend, et le fait que dehors, les nuages s’amoncellent, je décide de ne pas tenter le diable et de considérer l’exploration de cette cavité comme terminée. Ce ne serait pas sérieux de tenter de continuer l’exploration, vu la taille de la galerie et vu le débit, c’est trop dangereux. Pourtant, derrière l’obstacle, nous entendons l’eau gronder sur une bonne distance. Nous ressortons en levant la topo et en déséquipant.

Dehors, de la grêle commence à tomber. Nous plions bagages, et remontons vers la voiture. Je croyais être acclimaté, mais non, j’ai tout perdu. Les 400 m de dénivelées sont une vraie galère, pour tout le monde. Même sur l’ancienne piste où la pente est très faible, nous avons du mal à monter et somment bien essoufflés. Au bout de 2 h 30, nous arrivons à la voiture. La nuit tombe déjà, et c’est à la lumière des phares que nous reconstruisons partiellement le mur du col. Nous rentrons à Tanta à 19 h 30, bien fatigués.

Lundi 29 mai

La boite de Doliprane y est passée, mais au moins, j’ai assez bien dormi, malgré l’altitude. Nous pensons revenir sur Lima en descendant la Cañete. La veille, nous avons appris que la route en construction dans la vallée n’est toujours pas terminée, ce qui nous oblige à faire un détour de trois bonnes heures sur une piste certes magnifique, mais défoncée. La vallée de la Cañete avec ses barrages de tuff et ses lacs bleus est toujours aussi belle. Benjamin profite de nos pauses pour tremper une ligne, sans rien attraper.

En fin d’après midi, nous arrivons dans une zone de production de Pisco. Etant plus bas en altitude, le mal de tête a disparu. Nous nous y arrêtons pour gouter ce breuvage qui fait la fierté des Péruviens (et à juste titre, quoique leurs voisins puissent dire !), et pour reconstituer notre réserve. Nous arrivons à Lima vers 21 h, bien claqués.

TPST : 1 h

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

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