Grotte de la Tournée

le 13/08/2020 | Vauchignon (21 - Côte-d'Or) | France

Lors de ma dernière (et première) plongée dans cette grotte j’avais franchi le S3 situé dans l’axe principal de la grotte, au coeur d’une belle, mais pénible diaclase. En sortant la tête de l’eau, j’avais au-dessus de moi pleins de blocs coincés et qui ne demandaient qu’une chose: tomber! J’avais alors simplement changé l’amarrage du fil qui était situé sous les blocs et l’avais placé dans une zone plus sûre.
Cette fois l’objectif est de retourner voir ce siphon et d’envisager de passer derrière ces gros cailloux.

J’arrive donc devant la grotte en début d’aprem avec Tim et Guillemette. Les touristes affluent et me regardent acheminer mon matériel devant la grotte. Beaucoup s’avancent de quelques mètres dans la grotte mais sans lampe font demi-tour rapidement. Me voyant avec tout l’attirail de spéléo, ils posent pas mal de questions et je laisse répondre avec plaisir Guillemette sur la connaissance de la grotte et l’objectif du jour.
Comme la dernière fois, GuiguiE et Tim m’accompagnent jusqu’au départ du S1. Un petit coucou et je pars avec comme objectif de retour 18h30 max.

Le S1 se passe sans encombre et est très clair. Je vérifie tout de même la cordelette servant de fil régulièrement puisqu’elle date. Je sors rapidement et retrouve cet « intersiphon » de boue qui m’oblige à retirer mes palmes pour 3 m. Je plonge le S2 et  sors quelques dizaines de mètre plus tard. Tout se passe bien et je poursuis jusqu’au S3. Je me rappelle sans aucun plaisir le passage dans la diaclase où je suis penché en avant, de côté, avec peu de marge pour avancer. Je frotte de partout notamment mon pantalon de 3 mm neuf et me déteste d’avoir oublié ma combi de spéléo!
Le S3 se plonge tranquillement et je remets en place un ou deux Kwtechs qui avaient sautés.
Me voilà enfin au point où je m’étais arrêté la dernière fois.

Je pose mon bi-4 L sur le fil doublé d’un amarrage ainsi que le reste de mon matos puis observe bien la façon dont sont posés les blocs et passe par-dessus en prenant appui le moins possible sur eux. L’un d’entre eux ne manque pas de tomber dans l’eau et je m’attends à ce que tout se casse la figure en dessous de moi. Rien d’autre ne bouge! Je poursuis le plus délicatement possible et passe sans problème. Un peu plus loin, un pied de biche est posé; je ne suis donc pas le seul à avoir franchi cet obstacle. Je continue mon « exploration » et franchi une étroiture verticale. Je reste toujours dans cette diaclase qui caractérise cette grotte. Je ressens alors la même chose que la première fois où j’ai plongé dans cette grotte. Un mélange d’excitation et de satisfaction d’avoir bouclé la boucle. Pour rappel, je venais dans cette grotte étant petit et c’est quelque part ce qui m’a mis à la spéléo puisque toujours intrigué par ce fil qui plongeait dans l’eau.
Un peu plus loin, le plafond se rapproche de plus en plus de mes pieds et je suis obligé de ramper et d’abîmer un peu plus ma combi néoprène…! Je me déteste encore et toujours!!
Je remonte petit à petit la rivière et la diaclase laisse place à un joli méandre, large avec un surcreusement blanc et jaune. Plus j’avance et plus je mesure l’importance de bien prendre la météo avant de s’engager sous terre! En effet, à ce moment précis, une petite montée des eaux me serait fatale! Heureusement grans beau temps de prévu sur place et sur tous les alentours (même loin!). Bref, je ne préfère pas y penser et poursuis mon avancée qui se transforme en ramping. Ca reste beau mais c’est long quand même!
J’arrive enfin devant un espèce de « lac » avec quelques gros blocs en travers. Je décide de passer dans ce ramping en quasi plein eau. J’ai mon masque de secours sur le casque que j’enfile et n’ai une revanche d’à peine 10 cm pour respirer. De temps en temps je mets la tête sous l’eau pour voir ou aller. Finalement, je me stoppe car je ne veux pas m’engager sur une progression en apnée; j’essaye tout de même de voir si un passage se dessine afin d’envisager de revenir avec une bouteille mais rien de bien concluant.
Je fais donc demi-tour et repars un peu déçu de ne pouvoir aller plus loin mais tout de même satisfait d’être allé jusque là!
Je continue à bousiller ma combi et franchi de nouveau l’étroiture verticale et les siphons sans encombre pour ressortir à 18h.

Je me change pour le plus grand bonheur de deux mamies qui contemplent mes belles pommes d’amour et leur explique ce que je suis venu faire ici. C’est toujours amusant comme il est facile de qualifier d’héroïque ce que nous faisons! Cela me fait sourire et poursuis mon rangement d’autant plus qu’un bon plat de grenouilles m’attend!!

Quelques jours plus tard, je tente de retrouver la topo que Jeff Balacey m’avait envoyé il y a quelques années mais impossible de remettre la main dessus. En allant mangé chez Poris et Estelle, nous regardons ce que j’ai pu faire mais il apparaît que la partie que j’ai exploré n’apparaît pas sur la topo. Et en cherchant sur le net, pour le moment rien trouvé.
Il va donc falloir y retourner avec cette fois de quoi faire la topo!!

2h30

Participants à l'activité

Guillaume CGuillaume C.

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