Grotte des Forges

du 18/04 au 19/04/2015 | Moirans en Montagne (39 - Jura) | France

Vendredi soir, nous débarquons tous en force chez Lulu qui nous accueille à bras ouverts. C’est sympa, ça faisait un bail que nous nous étions pas vus !

Cette sortie fait suite à une sortie de préparation sans CR qui a eu lieu fin mars, pendant laquelle deux bouteilles de 4 l ont été apportées au début du S4.

Samedi 18 avril

En début de matinée, nous préparons le matériel et gonflons les bouteilles chez Lulu, avec quelques gouttes de pluie en Prime. Au total, nous prenons 5 bouteilles par personnes, soit un 7 l pour le S1-S2 (170 m / -9 m), une 4 l pour le S3-S4 (50 m / -3 m + 160 m /-10 m), un 4 l ou un 3 l pour le S5 au S9 (30 m / -2 m + 110 m / -5 m + 10 m / -2 m + 10 m / -2 m + ?), et un bi 4 l pour la fin. Pour nous alléger, nous ne prenons que quatre détendeurs chacun. Nous partons à 10 h vers le lac de Vouglans, où nous arrivons sous le soleil.

A 11 h 30, nous entrons sous terre. Pauline et Cédric partent devant, Steph et moi suivons 10 min plus tard. Suite à un problème de joint sur un détendeur, nous Steph et moi laissons un peu d’avance à Pauline et Cédric. Les S1, S2 et S3 sont encore assez clairs, c’est agréable d’y progresser malgré la qualité de matériel acheminé. Les intersiphons passent toujours bien, avec les mêmes jurons habituels aux endroits où ça frotte. Le S4 est  plus clair que les sorties précédentes malgré le passage de deux plongeurs. Nos explos répétées ont du nettoyer une bonne partie de l’argile !

Nous retrouvons nos compères dans l’intersiphon S4-S5 où nous nous octroyons une petite pause avec soupes et thés chauds !

Cédric et moi partons ensuite devant. Sur le trajet vers le S5, je butte sur une lame dans la rivière, et fais un joli plongeon que je n’arrive pas à freiner à cause des trois bouteilles sur le baudard. Mon genou gauche en fera les frais, et pour toute la suite de la sortie, je n’arriverai pas à le poser sur le caillou… Le S5 est court, mais bien clair. Cédric passe devant. Nous enchaînons le S6, toujours aussi clair, et je termine la topographie du siphon que je n’avais pas pu finir la dernière fois parce que j’étais en limite d’autonomie. Je fais de même dans le S7 puis le S8. Je suis rattrapé par Pauline et Steph dans l’intersiphon avant le S9, et laisse le carnet topo à Steph. Cédric, quant’à lui, continue devant en tirant le fil dans la suite… Nous sortons le S9 au bout de 51 m (-2 m).

A la sortie, nous avons perdu l’actif, c’est boueux à souhait. Un départ qui frotte un peu revient au dessus du siphon. Une dizaine de mètres plus loin, ce petit méandre retombe sur l’actif au niveau d’une confluence. L’actif principal arrive d’un siphon à la base d’une belle coulée de calcite dans une salle de 3 à 4 m de diamètre pour autant de haut.

Steph et Paulline se mettent à la topo, Cédric et moi allons visiter l’affluent. Au bout d’une quintaine de mètres, dans une galerie de 1 m à 1,8 m de diamètre, le plafond s’abaisse. Nous devons mettre un oeil et une oreille dans l’eau, et parfois le nez, pour continuer. Au bout de 15 m de progression en voute mouillante, nous arrivons sur un mur. En passant le pied sous le mur, il semble que ça passe et que ça se relève 1 m plus loin. Cédric tente le passage. Il revient en me disant qu’il y a une belle salle, et que la galerie continue. Vu la couleur de l’eau, je n’ose pas passer sans fil ou corde. Cédric repasse, et va jeter un oeil dans la suite. A son retour, il m’annonce s’être arrêté sur siphon.

Nous revenons sur nos pas, et retrouvons nos deux autres lascars. Cédric fait deux aller-retours pour aller chercher ses bouteilles et son dévidoir. J’équipe la voute mouillante en fil d’ariane, puis récupère le carnet et la boite topo. Steph et Pauline font demi-tour. Ils sortiront à 21 h 30 de la cavité. Je lève la topo de la voute mouillante et de la galerie qui suit jusqu’au siphon (30 m) que Cédric plonge. Ce siphon fait 40 m / 3 m. il faut faire vite pour ne pas être rattrapé par la touille. Au bout de 3 m, la galerie tourne sur la droite à 90° par rapport à la direction de la galerie exondée, puis reste droite. 40 m de rivière exondée mais basse de plafond suit jusqu’à un nouveau siphon. Celui-ci mesure 10 m de long pour 1 m de profondeur, avec une étroiture sévère entre blocs à son point bas. Il sort dans une petite salle avec une dune de glaise. L’actif arrive en rive droite par un oeil impénétrable. Derrière la dune, une galerie non explorée de petites dimensions (60/70 cm de diamètre) avec une laisse d’eau semble partir.

Au retour de Cédric, nous revenons en arrière, nous trouvons un capot d’Aladin, nous topographions un diverticule d’une trentaine de mètres, ainsi que l’accès au siphon d’où provient l’actif principal. Ce siphon sort au niveau d’un magnifique miroir de faille dextre. La gouge de faille associée fait 3 m d’épaisseur. Au sommet de la salle, il y a une arrivée d’eau, c’est impénétrable, mais il semblerait qu’il existe un peu de volume au dessus. Je plonge ce siphon sur 15 m / -1 m. Il est clair. La sortie est peu agréable, je suis dans une galerie large (3 m), pour 50 cm de haut. Au bout d’une quinzaine de mètres, je plonge un nouveau siphon, toujours dans ces dimensions. J’ai du mal à trouver le passage entre les lames, j’essaye d’aller au plus évident, les bouteilles (en déstructurées) frottent bien au sol, le dos racle le plafond, j’ai l’impression que ce dernier en veut à ma combinaison, je force, je sens le tissus craquer, et au bout de 15, je sors dans une petite faille. La suite n’est pas la, mais encore sous l’eau, et une étroiture ponctuelle mais sévère est à franchir. Je n’ose pas la tenter, et fais demi-tour en topgraphiant.

Je ressors de cette branche à 22 h, et nous retournons dans la foulée au S9. Nous prenons le chemin vers la sortie, en levant la topographie des exondés S9-S8, S8-S7 et S7-S6. Je casse une palme à l’entrée du S7. La progression dans les siphons me semble longue, la visibilité est extrêmement réduite, je suis incapable de voir ni le fil, ni les parois. A plusieurs endroits, lors de passages d’amarrages, il me faut tâtonner un moment pour trouver le fil. A certains moment, je me bloque dans des sections pièges (si je tenais celui qui a équipé ces siphons…), j’ai l’impression de tourner en rond, ça fait bizarre. A la sortie du S5, nous retrouvons un peu de bouffe que Pauline et Steph nous ont laissé. Nous la dévorons rapidement, et continuons.

Au S4, je perd un mousqueton dans la vasque. Le S4 est resté assez clair, j’en profite, surtout dans les 30 m de la sortie aval où je vois les parois pour la première fois… Dans la vasque, je trouve une des mini-palmes du P’tit Lips. Dans l’intersiphon S4-S3, Cédric trouve que je traîne. Forcément, j’ai quatre 4 l sur le baudrier. Lui aussi, mais il me prend quand même la 4 l qui est sans détendeur, et il ne voudra pas me la rendre avant la voiture.

Le reste de la sortie est une formalité, et nous arrivons à la voiture à 1 h 30, les muscles bien fatigués. Nous rentrons dans la foulée chez Lulu où nous attend une grosse gamelle de pâtes carbo qui ne fait pas un pli.

Dimanche 18 avril

Nous trions le matériel que nous avons sorti, regonflons les bouteilles, et faisons le point de ce que nous avons perdu : quelques mousquetons, et un ordi Aladin… Il devait trainer à proximité du capot, mais vu la glaise et la couleur de l’eau, nous ne l’avons pas vu.

Nous n’avons pas encore entré la topographie de la sortie sur les données précédentes.  Peut-etre que vous l’avez compris en lisant ce CR, mais à la sortie du S9, la cavité se divise, et les galeries perdent en volume. Nous avons laissé deux points d’interrogations, mais je ne suis pas sûr qu’ils donneront beaucoup de première. En tout cas, ces différentes sorties auront été une belle aventure qui nous aura permis de rajouter près d’un kilomètre cinq cents à cette grotte.

TPST : 10 à 14 h

Participants à l'activité

Stéphane LStéphane L.
Xavier RXavier R.

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