PTL 2015 équipe « in tartiflette we trust »

du 24/08 au 30/08/2015 | Chamonix (74 - Haute-Savoie) | France
La « Petite Trotte à Léon » ? sympa ce nom à côté des CCC, OCC ou UTMB qui font « sérieux » non? Pourtant on découvre vite à la lecture des données techniques (300km, 28 000 D+, pas de balisage, 1e base vie au km 100…) qu’on s’engage plus dans un raid commando que dans une balade dominicale. Quand nous décidons fin 2014 de nous y inscrire nous savons que nous entrons dans une sacrée aventure!
Mes deux collègues Franck et Christophe sont 2 coureurs d’ultra aguerris (Utmb, Diagonale, Tor…) et lors des weekend recos je me rend compte que je vais être le «boulet » dans le trio. Malgré de sérieux progrès dans les montées depuis que j’ai déménagé dans la région, ces deux là me prennent 20 minutes tous les 1000 m de D+. Je m’entraîne les mois précédents à tenir la distance (100km des coursières en mai, 110 km de l’utpma en juin, juillet en rando course en corse) les dernières semaines je soigne l’alimentation et les derniers jours je fais le plein de sommeil et m’acclimate à l’altitude. Comme lors de l’UTMB en 2011 j’ai l’impression d’être remonté comme une pendule les 2 jours qui précèdent la course.
Le lundi à 17h je vois un bon signe dans l’orage du départ (c’était pareil pour l’utmb) sous nos ponchos verts nous avons l’air de grenouilles! dés le début nous basculons sur un itinéraire bis pour éviter les rivières en crues sur le chemin des Houches. Nous partons prudemment et remontons peu à peu les autres équipes, il faut bien 24 heures pour commencer à voir les groupes s’étirer. Les paysages se succèdent et sont magnifiques, les versants italiens et suisse du Mt Blanc sont une révélation, les amitiés se créent avec les autres équipes, les belges avec leur humour, les japonais avec leurs casques, les américains avec leur énergie, les croates avec leur volonté et toutes ces personnalités hautes en couleur , l’ambiance est décontractée et on sent bien que la seule compétition est avec soi même. . Je croise régulièrement Laurent avec Michel (un autre Vulcain) et Daniel qui n’en sont pas à leur première participation.
Fabienne, la femme de Franck, nous suivra avec le camping car et sera une alliée précieuse pour l’assistance sur les 3 bases vie: préparation des sandwiches, boissons, massage, réveil…Judith la rejoindra le vendredi soir à mon grand plaisir!
Nous sommes tous les 3 bons descendeurs et notre stratégie est de marcher en montée (bon ça c’est pas de la stratégie) et sur le plat et de ne trottiner qu’en descente. Pour les repos on s’arrête là où on peut manger, se changer et dormir un cycle de 1h30 (dans l’ordre c’est important car le corps demande plutôt à dormir en premier) Si possible au pied d’une difficulté (il y’a quand même 2 montées de plus de 2000D+ ) pour l’aborder au réveil et dans l’idéal à l’aube. Nous le ferons 4 fois sur les 6 jours.
Un seul passage au 4e jour après des cols nocturnes très techniques mêlants glaces et rochers et avec un final sur du plat interminable nous a plongé en mode zombie limite hallucinations et c’est un groupe qui nous a rattrapé qui nous a reboosté jusqu’au prochain gîte. L’équipe s’est révélée homogène, les reconnaissances faites en juillet par mes collègues dans les portions italiennes et suisse furent je pense la clé de notre succès. de nombreuses équipes se sont faites éliminer sur barrière horaire pour avoir perdu quelques heures en quittant la trace. Il faut bien se rendre compte que tenir du 3km/h sur ces terrains alternant montées et descentes à plus de 15% n’est pas si évident, perdre ne serait ce que 1 minute toute les demi-heures fait un écart de 6h à l’arrivée! Je ne suis ni le plus rapide , ni le plus entraîné mais j’ai 2 atouts: comme d’hab je n’ai aucun problème digestif et le menu sandwiches au saucisson à rapidement ma préférence et je peux m’endormir en moins de 5minutes presque n’importe où…les autres ont un peu plus de mal à s’alimenter au début mais ça s’arrange par la suite. Franck soufre depuis plusieurs mois de douleurs persistantes sous la plante des pieds qui le forcent parfois à s’arrêter , il fait quasi toute la course en courant sur l’avant des pieds et son incroyable aisance dans les montées lui permet de revenir en tête à chaque fois (il va se faire opérer après la course). Christophe a plus de mal à s’endormir et finira dans le dur…
Les jours et les nuits se succèdent et nous perdons la notion du temps, toute l’attention se fond dans la montagne, la nature, les sifflements des marmottes et les jeux des nuages, on se sent animal, libéré de tout, entouré d’amis, bien dans son corps et dans sa tête, c’est dur, c’est engagé, c’est la montagne mais même la douleur et la fatigue deviennent des compagnons, plus rien ne compte qu’avancer, que franchir le prochain col et admirer la vue et l’on se met presque à regretter que cela finisse un jour.
Le samedi avant minuit nous sommes dans les 15 premiers au lac d’Emossons. Nous sommes assurés d’être finishers, l’organisation nous laisse le choix entre le parcours complet si l’on repart avant 3h30 (17 équipes le réussiront) ou le parcours de repli après 6h30. Je me rappelle le slogan de spiridon « la perf d’accord, le plaisir d’abord! » et nous choisissons unanimement la deux!ème solution agrémentée d’un bon repas arrosé suivi de quelques heures de sommeil. Au départ à l’aube nous sympathisons avec une équipe mixte de jurassiens, la fille fait de la rétention d’eau, sa jambe est gonflée et elle pense à l’abandon, nous décidons de finir la course ensemble à son rythme jusqu’à l’arrivée que nous franchirons main dans la main sur une même ligne et sous les applaudissements de la foule. Sur le podium avec les 40 finishers nous agitons nos clochettes pendant de longues minutes comme refusant de finir ce signal envoyé au ciel à feu le colonel Jean Claude Marnier l’organisateur de la course. Et chapeau à l’organisation et aux bénévoles qui doivent dormir aussi peu que les coureurs!
Voilà voilà, pas même une ampoule pour moi dans mes inconditionnelles chaussures Cascadia de Brooks (même si j’en ai bousillé 2 paires sur les rochers) et pas de douleur physique autre que générale. 3 jours après je recourrais. 2 semaines plus tard je n’en suis toujours pas vraiment sorti et s’il y a une chose dont je suis certain c’est que cette semaine est de celle qui vont construire la nostalgie de mon futur.
Bonne courses à tous!
142h

Participants à l'activité

Frédéric AFrédéric A.

Galerie photo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *